Un fil rouge traverse mon parcours : concevoir des environnements qui transforment le vivant. De la reconstruction d’organes à la modélisation de villes, puis à la création d’espaces immersifs capables d’influencer nos états émotionnels, j’explore comment la forme, la structure et les stimuli façonnent notre expérience du monde — et de nous-mêmes.
Axe 1 : Reconstruire des mondes à partir de données fragmentaires
Un premier fil rouge de mon parcours consiste à reconstruire des mondes à partir de données partielles, complexes ou incomplètes. Ce geste scientifique traverse l’ensemble de mes travaux, à différentes échelles : du corps humain à la ville, puis de l’espace urbain à l’espace intérieur et émotionnel.
Reconstruction du corps : donner forme à partir d’images médicales
Ma thèse, menée au laboratoire ICUBE en collaboration avec l’IRCAD, portait sur le développement d’algorithmes de maillage pour reconstruire des organes segmentés à partir d’images médicales. Les données d’entrée, issues de coupes 2D et de segmentations imparfaites, étaient par nature fragmentaires. L’objectif était de produire des modèles 3D cohérents et sans intersections, exploitables pour la simulation, la planification chirurgicale ou l’analyse anatomique.
Objets et scènes : révéler la structure cachée
Mes travaux post-doctoraux à Inria Sophia-Antipolis puis Inria Grenoble m’ont conduite à explorer d’autres formes de données incomplètes : raffinement de Delaunay dans CGAL, topologie de modèles CAD, segmentation sémantique de nuages de points LIDAR d’arbres. Dans ces contextes, il s’agissait de reconstruire ou d’extraire la structure sous-jacente à partir d’informations bruitées, massives ou hétérogènes.
La ville : reconstruire l’espace habité
Au LORIA/Inria Grand-Est, j’ai étendu cette logique à l’échelle urbaine. J’ai travaillé sur la reconstruction de surfaces triangulées et la modélisation automatique de toits à partir de nuages de points, en vue de créer des jumeaux numériques urbains. Là encore, les données sont partielles, affectées par des occlusions, des variations d’échelle ou par la diversité architecturale, et nécessitent une reconstruction cohérente et métrisée.
L’expérience intérieure : reconstruire des états émotionnels
Avec les mind machines, notamment AFFECT et EatingXR, j’explore aujourd’hui une nouvelle forme de reconstruction : celle de l’expérience intérieure. Les données deviennent physiologiques, sensorielles ou émotionnelles, et l’objectif est de concevoir des environnements immersifs capables de moduler ou de soutenir certains états internes. Il s’agit d’une continuité naturelle de mon geste scientifique : transformer des signaux fragmentaires (vision, audition, mouvement, etc.) en une expérience cognitive cohérente.
Cet axe met en lumière une continuité forte : je reconstruis des mondes à partir de données incomplètes — d’abord le corps, puis les objets CAD, les arbres, la ville, et aujourd’hui l’espace intérieur. Mon travail consiste à transformer des données brutes, qu’elles soient géométriques, sensorielles ou émotionnelles, en environnements cohérents, interprétables et porteurs de sens.
Axe 2 : De la géométrie à l’énergie — relier structure, flux et états
Un second fil rouge de mon parcours relie deux univers en apparence éloignés : la géométrie algorithmique et les approches énergétiques issues de la médecine traditionnelle chinoise (MTC). Cette articulation entre structure et flux constitue une cohérence profonde de mon cheminement scientifique et personnel.
La structure : comprendre et modéliser la forme
Mes travaux en informatique graphique s’inscrivent dans une exploration fine de la structure : maillages, surfaces, topologie, modèles CAD, reconstruction géométrique et jumeaux numériques urbains. Je m’intéresse à la forme, à l’organisation interne des systèmes, à leurs invariants topologiques et à leurs propriétés structurelles. Cette approche met l’accent sur ce qui tient et organise un monde.
L’énergie : flux, dynamiques internes et états
En parallèle, ma formation en médecine traditionnelle chinoise (acupuncture, pharmacopée, Tui Na, diététique, Qi Gong) et mon intérêt pour la métaphysique chinoise (Yi Jing, Ba Zi, Feng Shui) m’ont conduite à explorer un autre type de systèmes : ceux où circulent des flux, des dynamiques internes et des états émotionnels ou énergétiques. Il s’agit d’une approche complémentaire, centrée sur les transformations, les équilibres et les mouvements internes.
Le point de jonction : les mind machines
Les mind machines, notamment AFFECT et EatingXR, constituent un espace où structure et énergie se rencontrent. Ces dispositifs immersifs articulent la forme (géométrie, organisation spatiale, structure fréquentielle) et les flux (émotions, perceptions, comportements). Ils permettent d’explorer comment un environnement structuré peut influencer des états internes.
Cet axe met en lumière une cohérence profonde : je relie la structure des systèmes et les flux qui les traversent. De la modélisation géométrique à la médecine traditionnelle chinoise, puis aux environnements immersifs, j’explore comment les formes, les fréquences et les stimuli influencent les états internes — émotionnels, perceptifs ou énergétiques.
Axe 3 : Concevoir des environnements qui transforment le vivant
Un troisième fil rouge de mon parcours consiste à concevoir des environnements — médicaux, urbains ou immersifs — qui ont un effet sur le vivant. Qu’il s’agisse du corps humain, de la ville habitée ou de l’expérience intérieure, mes travaux interrogent la manière dont un environnement influence la perception, l’action ou l’émotion.
Environnements médicaux : transformer la compréhension du corps
Ma thèse au laboratoire ICUBE, en collaboration avec l’IRCAD, portait sur la reconstruction d’organes à partir d’images médicales segmentées. Ces modèles 3D soutiennent la simulation, le diagnostic et la planification chirurgicale. Ils constituent un environnement numérique du corps, destiné à améliorer la compréhension et l’intervention médicale.
Environnements urbains : transformer la compréhension de la ville
À Inria Grenoble puis au LORIA/Inria, j’ai travaillé sur la reconstruction de surfaces et la modélisation automatique de toits à partir de nuages de points, en vue de créer des jumeaux numériques urbains. Ces environnements permettent d’analyser, de planifier et d’optimiser les espaces habités, transformant notre manière de lire et de projeter la ville.
Environnements immersifs : transformer l’expérience intérieure
Avec les mind machines, notamment AFFECT et EatingXR, j’explore comment un environnement immersif peut influencer des états émotionnels ou des comportements.
- AFFECT : modélisation fréquentielle des environnements émotionnels. Ce projet développe une approche fondée sur la nature fréquentielle des environnements XR, en s’appuyant sur des résultats neuroscientifiques montrant l’impact des fréquences sur les émotions. L’objectif est de concevoir des environnements capables de soutenir ou de moduler certains états internes.
- EatingXR : transformer l’acte de manger. Ce dispositif combine des stimuli visuels, auditifs et olfactifs pour étudier l’impact sensoriel et immersif sur les comportements alimentaires. Il s’agit d’explorer comment un environnement multi-sensoriel peut transformer une expérience banale de manger un bol de riz blanc en un festin.
Cet axe met en lumière une continuité forte : je conçois des environnements qui transforment le vivant — du corps à la ville, et de la ville à l’espace intérieur. Mon travail explore comment les espaces, qu’ils soient géométriques, urbains ou sensoriels, influencent notre manière d’habiter le monde et de nous habiter nous-mêmes.



